Colportage interdit

Synopsis

Le cinéaste suisse Daniel Duqué frappe aux portes du tout public pour lui amener des films invitant à un autre regard. À l’abri des montagnes, au gré des rencontres, la vie s’écoule paisible, alors que les couloirs, les ruelles, la radio de la voiture résonnent du tumulte de destructions et de guerres lointaines, échos à nos drames intimes. Ce film-essai sur un acte de colportage apparemment anodin interroge notre relation au cinéma, à notre imaginaire collectif, à l’information.

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Commentaires

S’est-on déjà rencontrés ? Je frappe à vos portes, avec mes films et ceux d’autres cinéastes… Vingt années de colportage qui m’apportent une liberté et la complicité du particulier, du tout-public à la maison. Les portes s’ouvrent, et avec elles, un échange et l’ouverture sur un autre regard.

Quand une personne m’ouvre sa porte et me considère, je crois parfois deviner derrière son inquiétude, l’enfant, prêt à s’étonner, qui ouvre et qui accueille. C’est comme si je frappais à une maison autre, un réservoir de souvenirs, d’idées et de rêves, toutes choses mises en péril par notre consommation de l’information, du spectaculaire.
À travers les interviews sur les seuils des portes, les déambulations entre rues, maisons et appartements, mais aussi à travers les jalons d’un poème de Yves Bonnefoy et les nouvelles d’une guerre lointaine, le film nous guide vers un lieu secret, dans la presque conscience d’une menace.

Cet essai documentaire est comme un manifeste pour une certaine forme de poésie. Un questionnement sur notre relation au cinéma, à l’information et à l’image spectaculaire.

Se connecter à l’immédiat, au voisin, se relier à la poésie comme antidote contre la désinformation et l’engourdissement de notre pensée, garder la liberté du citoyen d’influer sur sa culture et de s’élever contre le dépérissement de son imaginaire…

Colportage interdit, c’est aussi tout cela…